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Posts Tagged ‘violences’

Mes parents et moi venions d’aménager dans ce quartier. Mon père était diplomate, de ce fait on se déplaçait d’un pays à un autre, d’une ville à une autre. Je venais d’avoir mes 17 ans et je ne voulais plus suivre mes parents à travers le monde. Ce n’est pas que je n’aimais pas les voyages, bien au contraire. Le plus dur dans ces déplacements incessants, c’était d’avoir à s’attacher et ensuite se détacher des gens, des lieux, des us et coutumes…Étant enfant unique, ils ont refusé que je reste à mon grand désespoir. A contre cœur j’ai du les suivre une fois de plus.

Ce quartier, bien qu’étant résidentiel, était assez calme malgré la présence de nombreux adolescents. Je suis de nature réservé mais d’un contact facile quand on veut bien se donner la peine de m’approcher. C’est ce que fit Fanny. Elle était ou semblait gentille, nous n’avions pas grand-chose en commun elle et moi : elle avait des frères et sœurs. Elle était mon ainé de deux ans. J’entrais en Terminale pendant qu’elle devait à nouveau repasser son Brevet d’Etudes. Ces détails ne sont pas les éléments nous ayant mis en rapport.
Un matin, j’allais à l’unique boulangerie du quartier, il y avait des garçons qui jouaient non loin de là au basket. Avait il fait express ou pas, toujours est il que la balle lancée ; avait terminée sa course en me heurtant, renversant par la même occasion mon pain. D’aucun s’amusait de mon embarras, pendant d’autre et principalement le concerné semblait être embarrassé par la situation. Il était hors de question pour moi de ramasser ce pain tombé, par ailleurs il me fallait également un petit déjeuner. J’étais partagée entre la gêne, l’embarras et le mécontentement. J’ai réussi à articuler : « tu vois ce que ta balle a fait ? ». Avant même que le garçon ne dise quoi que ce soit, Fanny tel un justicier est venu de je ne sais où et sans ménagement, a repris le garçon et ceux qui ricanaient. Elle a lancé au loin cette balle et enfin s’est retourné vers moi comme pour s’excuser pour eux, me rassurer. Elle m’a proposé de remplacer le pain afin d’éviter toutes représailles…C’est ainsi que j’avais fait la connaissance de celle qui allait devenir une bonne amie dans ce quartier.

Je sortais beaucoup avec ma mère, donc je n’étais très souvent pas là. Un de ces jours, on avait sonné, Anna la ménagère occupée, je suis donc allée ouvrir. C’était Fanny. J’étais contente de la revoir …Elle hésitait à entrer, s’inquiétant de la réaction de mes parents. Elle était venue me laisser un billet d’invitation, il y avait une fête chez elle, et elle avait pensé à m’inviter. La fête avait lieu demain. Elle était passée plus d’une fois, mais je n’étais pas là.

Elle débutait à 15 h. Dans cette contrée, les gens n’avaient pas toujours la notion du temps. On n’était jamais pressé. Rien ne sert de courir, l’essentiel étant d’arriver. Arrivée à la fête comme l’indiquait l’heure du billet d’invitation, j’étais la seule invitée. J’ai cru être en avance. Fanny s’affairait encore dans la cuisine avec d’autres filles. Elle s’excusa du retard. Ses parents étaient revenus de leur voyage seulement hier soir, donc toutes les courses ont été faites ce matin. De plus, ils avaient oublié pour la fête d’où le retard. Elle m’installa et me fit servir une boisson et des crêpes. Peu de temps après entra un jeune homme, dans la pénombre je ne le reconnus pas tout de suite. C’était le basketteur ! C’est son anniversaire, il est le jeune frère de Fanny et il était heureux que je sois venue à sa fête. Il s’excusa pour l’incident de la dernière fois. Nous avions discuté de tout et de rien. Il était drôle. Les invités commencèrent à arriver au bout d’une heure. Il a dû partir accueillir ses invités.

La fête battait son plein. Il y avait du monde ! Il y avait de petits groupe ci et là. La musique était à mon gout, mais je me sentais un peu isolée, je pensais donc à rentrer. Quand je me suis levée, Louis-Henri était devant moi me barrant le passage. Il voulait que l’on danse cette chanson de Chaka Demus et Pliers…Il trouvait que j’étais bonne danseuse. Une autre de Shaggy, ensuite le DJ a enchainé avec un slow de Boyz 2 Men. Il m’a regardé comme pour savoir si j’étais partante pour ce slow, au moment de m’enlacer, une fille s’interposa entre nous et l’enlaça. J’ai souri et en retournant à ma place, j’ai récupéré mon sac, j’ai cherché Fanny du regard et je suis allée lui remettre le cadeau. C’était un cadeau de fille. Je n’avais pas compris pourquoi c’était l’anniversaire de Louis-Henri et c’était son nom qui figurait…
– Fanny, il est bientôt 20 h, je dois y aller. Merci pour l’invitation, c’était bien.
– Comment ça tu t’en vas ? C’est bientôt la coupure du gâteau, L-H (c’est comme ça qu’elle appelait son frère) va m’en vouloir si t’es pas là pour le tour d’honneur !
– Et pourquoi t’en voudrait-il ? Tu ne décides pas pour moi, je dois vraiment y aller. Mon paternel n’était pas au courant de cette sortie. Et il est tard.
Elle insista afin que je reste, mais je ne pouvais pas. Elle m’a raccompagné en faisant un bout de chemin avec moi.

La rentrée avait lieu une semaine après cette fête là. Quelle ne fut pas ma surprise, L-H était mon camarade de classe ! On n’a reparlé un peu de sa fête. Je lui ai demandé s’il m’avait gardé une part de gâteau, ce quoi il répondit si je venais chez lui, je la trouverais au frais.

Nous étions une trentaine d’élèves. Lui avait choisi de s’asseoir au fond de la classe (le Shabbat comme on appelait) avec ses potes et moi j’avais toujours préféré le devant. L-H était brillant. Avec ses copains, ils étaient assez souvent de corvées à cause des troubles ou d’un devoir pas fait ou pire ils séchaient les cours pour soit jouer à un match de basket ou voir au câble une finale qu’ils ne pouvaient se permettre de louper.
Au premier trimestre, ses notes étaient très médiocres. Les miennes étaient excellentes. Je fus nommé délégué de la classe de ce fait.

Durant le break de noël qui correspondait aussi au break inter trimestriel, L-H était venu m’emprunter des cahiers, pour se mettre à jour. S’il ne relevait pas son niveau dès le premier mois de la reprise scolaire, ses parents menaçaient de le mettre à l’internat. Ça voulait dire la fin du basket pour lui…Il voulait également me montrer quelque chose, pour cela je devais venir chez lui. Nous sommes entrés dans une chambre, la sienne visiblement. Des posters des icônes du basket sur le mur. J’étais gênée ; c’est la première fois que j’entrais dans une chambre de garçon. Il a appuyé sur une touche d’une radio CD et les suaves voix des Boyz 2 men chantant I’ll make love to you; le slow qu’on s’apprêtait à danser la dernière fois. Il posa les cahiers sur la table et dit « tu me la dois cette danse, j’attends ce jour depuis mon anniversaire. Il n’y a pas eu de tour d’honneur à cause de toi » et moi de dire « c’est ce que tu voulais me montrer ? » « Non » dit-il. On dansa, une autre, et une autre. Ensuite je me suis détachée de lui. J’ai arrêté la musique.

– Que diras ta copine si elle te trouvait là, avec moi ?
– Rien, parce qu’elle est là avec moi.
– Quoi ?
– Je suis amoureux de toi. Voudrais-tu sortir avec moi ?
– La fille de ta fête c’est qui ?
– C’est personne. Je n’ai aucun intérêt pour elle. Alors ?
– Je veux aussi…par contre je ne veux pas être avec un cancre !
– Tu ne seras pas avec un cancre. J’ai envie d’embrasser ma copine…
On a eu de belles vacances de fin d’année, même comme c’était bref. Fanny était contente que je sois avec son frère. Si le matin on me déposait à l’école, le soir je m’étais inscrite pour des activités du collège afin de rentrer avec Lou (j’appelais Louis Henri ainsi) le soir afin que l’on puisse rentrer ensemble après ses entrainements de basket. Parfois ses potes étaient avec nous. Je ne les appréciais pas beaucoup et je ne savais pas pourquoi…

Lou tint sa promesse, il améliora ses notes dès le premier mois du second trimestre. Il regagna la confiance de ses parents. J’étais son aide mémoire, m’assurant qu’il avait fait ses devoirs. Parfois on travaillait ensemble, soit chez lui ou chez moi.

J’ai toujours pensé qu’il était mieux de faire ses devoirs le vendredi soir afin d’avoir le weekend libre et de réviser les cours le dimanche. Un vendredi soir donc, je suis allée chez Lou, m’assurer qu’il avait fini les siens. Et voir comment il s’était sorti d’une équation qui m’avait donné du fil à retordre. Le gardien était dehors, donc je n’ai pas eu à sonner, il m’a ouvert. Personne au garage, je suis allée directement dans la chambre de Lou. Il était là, presque nu avec cette fille. Celle dont il disait avoir aucun intérêt ; était sous le drap peut être nu… Je leur ai recommandé de fermer cette fois derrière moi la porte de la chambre à clé et je suis partie…

Lou était comme ça. C’était son défaut. Le milieu qu’il fréquentait notamment celui du basket, tous étaient comme ça. Soit ils étaient sollicités par la fille, soit c’étaient eux. Il subissait parfois les railleries de ses amis parce qu’il avait une copine qui ne voulait pas coucher avec lui. Il répondait que lui au moins avait une qui lui est fidèle, jolie, brillante et de surcroit vierge fille. Un jour, surement il sera le premier…Les autres riaient de plus de belle. Au bout d’une semaine de supplications et regrets, je lui pardonnai.

Au collège, des rumeurs j’entendais toujours quant à sa fidélité, lors des soirées où je ne pouvais pas rester tard, ou dans les vestiaires avec une telle bimbo…Que d’histoires qu’il niait en bloc. Je ne pouvais que lui accorder le bénéfice du doute n’ayant aucune preuve.

Un weekend, Lou et moi étions dans sa chambre à écouter la musique. Avant qu’il me raccompagne, je voulais me rafraichir le visage et me laver les mains. Mon regard s’arrêtai dans la corbeille de la douche, je vis la boite d’un préservatif, curieuse je le pris et l’ouvris. Il y avait trois emballages de préservatif. J’ai botté cette corbeille qui fit un bruit. Je suis allée le trouver dans la chambre. « Tu ne peux vraiment pas t’empêcher c’est ça ? » Lui dis-je. « De quoi parles-tu ? » il répondit. « De ça » fis-je en lui jetant le paquet de préservatif. Il voulait m’expliquer, je ne voulais plus écouter. Il m’a suivi jusqu’à chez moi, et mon gardien s’est fait un plaisir de le remettre à sa place.

Quelques jours plus tard, Fanny est venue à la maison plaider pour son frère. Il regrettait et était malheureux me dit elle. Elle voulait que je lui pardonne. Elle ne comprenait pas pourquoi je sortais avec son frère et je ne voulais pas coucher avec. Le souci d’infidélité serait résolut si j’acceptais de franchir ce cap. Il m’aimait ; les autres c’était juste du sexe. Elle me demanda pourquoi j’avais peur, qu’il fallait juste que j’ose et je verrai, elle me le promettait que j’apprécierai. Elle me raconta sa première fois à elle. Je lui ai dit que je ne voulais pas pour l’instant. J’aime son frère, s’il ne peut attendre que je sois prête, je ne vois pas ce que je pourrais faire d’autre que de lui laisser sa liberté, liberté qu’il avait toujours eu d’ailleurs.

Au collège, il ne cessait de me harceler. Je suis allée voir Fanny afin qu’elle vienne à mon secours et dise à son frère de me laisser en paix. Elle ne fit rien. Je me suis donc retournée vers Abdoul, le gardien. Je ne sais pas ce qu’il fit ou dit à Lou, mais cela avait porté des fruits.
J’avais repris une vie saine et normale. L’examen du Bacc approchait. Deux semaines avant, le professeur de littérature avait donné des travaux de recherches à faire et je devais travailler avec Lou. C’était bizarre, on se parlait comme si on ne se connaissait pas…C’est vrai qu’il m’avait soigneusement évité lors du dernier trimestre. C’était apparemment le prix à payer pour avoir la paix. Il m’accompagna au portail et s’arrêta là. « Je t’aime toujours…Je te souhaite bonne chance pour l’examen » Je ne sais pas pourquoi je lui avais dit la première phrase. C’est vrai que je l’aimais, mais je ne voulais plus être avec lui tout en étant la risée de ses multiples partenaires.

J’ai rencontré Fanny sur mon chemin, elle a répondu à peine à mon bonsoir, s’offusquant plutôt de ce que mon gardien avait fait à son frère, avec mon accord en plus. Je ne comprenais pas de quoi elle parlait. Je ne voulais pas comprendre de toute façon, il fallait que je rentre. Fanny parfois n’était pas objective quand il s’agissait de son frère. Il faut dire qu’elle l’aimait beaucoup. Moi qui étais fille unique je ne pouvais qu’apprécier cette affection de la sœur pour son frère.
Après le Bacc, Fanny vint à la maison il y avait à nouveau une fête chez elle. Elle avait insisté que j’ai la permission de minuit au moins des parents. Chose obtenue. J’étais impatiente d’être à la fête. Je voulais revoir Lou, il me manquait. J’ai dû déchanter, Lou m’a soigneusement ignoré. J’étais mal. Je l’avais sans doute cherché. Au moment où je partais, il me retrouva au portail

– Comme la première fois, tu t’en vas sans crier gare !
– Je ne vois pas pourquoi je resterai là…
– La dernière fois, tu as dit m’aimer, est ce d’actualité ?
– Oui.
– Alors viens.
Je l’ai suivi, on est allé dans sa chambre. Mon cœur battait la chamade, je l’aimais, je ne voulais pas le perdre. Il a commencé à m’embrasser. Il s’arrête un moment, enlève son polo, enlève mon débardeur. Il me regarde, touche ma menue poitrine, la caresse, me fait des baisers. Il me soulève, et me pose sur le lit. Mille questions me passent par la tête. Il enlève son jean, enlève ma jupe. « Je t’aime » dit-il. Il avait pris soin de mettre la série de slows que j’aimais, malgré cela je n’arrivais pas à me détendre. Il prit un préservatif ; me dit qu’il l’utilisait pour me protéger et que dès demain il ira faire un test de VIH afin que je sois définitivement rassurée. Ainsi on pourrait se passer des préservatifs, il ne sera qu’à moi et moi à lui. Il a recommencé à m’embrasser, à me caresser. J’essayais de faire de même. Il me dit qu’il va rentrer en moi, j’aurais un peu mal, mais juste après ça ira, je n’aurais qu’à penser combien je l’aime et j’aurais du plaisir au fur et à mesure des va et vient. J’ai ressenti vive douleur, il avait essayé de me pénétrer. Je l’ai repoussé si fort, je ne savais pas moi-même que je pouvais avoir autant de force, je me suis levée, me suis rhabillée précipitamment et je suis sortie. Une fois dehors, j’essayais de bien m’arranger quand Fanny arriva. Elle semblait déçue, je lui ai dit que je n’ai pas pu. Elle me dit que ce n’est pas grave, elle comprenait. Elle m’a même raccompagné. Je lui étais reconnaissante de me comprendre.

Deux jours plus tard, j’avais essayé de rencontrer Lou, en vain. Fanny vint un soir où je m’ennuyais à la maison tout en pensant à Lou. Je m’en voulais d’avoir pas pu. Elle me proposa une sortie avec des amis. Elle me dit que peut être Lou sera là. Ce dernier argument me fit céder.

Je n’aurais jamais dû aller à cette fête, parce que des années après j’allais toujours regretter d’être y allée. Fanny vint me chercher avec ses amis à voiture pour la fête.

Cette maison était si grande, on dirait un château. Elle était si impressionnante et imposante qu’elle faisait peur. La première chose qui me glaça, à cette fête, il y avait bien trop de garçons pour le peu de filles que nous étions. Je fis part à Fanny de mon impression, elle me demanda si j’étais venue m’amuser ou alors voir d’autres filles. Le séjour était peu éclairé, les gens dansaient langoureusement, Fanny est allée aussi danser. Je pouvais voir, ci et là des gens qui faisait l’amour sur le canapé à la vue de celui qui voulait voir. J’avais des frissons. Je voulais rentrer avec ou sans Fanny. Je suis allée au portail ; fermé, impossible de l’ouvrir. Je suis retournée à l’intérieur chercher soit le responsable de la maison, ou quelqu’un qui pourrait ouvrir ce portail ; en vain. Je crois voir des amis de Lou. Ils avancent vers moi. Je leur demande s’ils n’avaient pas vu Fanny, ils m’apprirent qu’elle était partie. Je leur ai demandé s’ils pouvaient m’aider à ouvrir le portail, parce qu’il fallait que je parte aussi. Ils m’ont ri au nez. Parmi les amis de Lou, il y avait un, il était assez discret : Yannick. Son visage s’assombrit quand il me vit. Il me demanda qui m’avait amené à cette fête. J’ai été invité par Fanny. Il secoua la tete et me dit que Je n’aurais pas dû venir. Mais pourquoi ? Je n’allais pas tarder à le savoir.

Chaque année, il y avait des soirées au cours desquelles des filles étaient violées dans ces quartiers résidentiels d’enfants de bonne famille, dont les parents n’étaient presque jamais là. Parmi les filles présentes, il y avait celles qui voulaient être là, et d’autres étaient là naïvement sans savoir ce qui les attendait avant le terme de la soirée. Soirée qui n’avait en fait que le but de régaler la libido insatiable de ces ados véreux ou encore donner l’occasion à ceux qui avaient de la difficulté à aborder les filles ou ceux qui se faisaient refouler par des filles. Ces filles leur compte étaient régler dans ce genre de soirée qui n’avait pas d’objet précis sur le carton d’invitation. Je ne sais pas trop dans quelle catégorie je tombais.

J’étais encerclée par ces garçons, Yannick essayait de les convaincre de me laisser partir, que je ne pouvais pas payer pour ce que Lou avait fait. Et puis, les filles il y en a dans la salle, plus jolie que moi et plus expérimentée…Mais qu’avait donc fait Lou pour que je paye à sa place ? Je reçus une gifle, Je suppliais Yannick de venir à mon secours. Il ne pouvait pas, ils étaient 5, à lui seul il ne pouvait pas ; s’il allait chercher de l’aide, il augmenterait plutôt le nombre de violeurs. J’ai essayé de me débattre, en vain. Je n’avais pas pu coucher avec celui que j’aimais, voilà que je suis contrainte de le faire avec des inconnus. Tour à tour, ils ont violé mon intimité, malgré les pleurs, les cris, les supplications. Ils ne se sont pas arrêtés. Que m’ont-ils fait ? Je ne sais pas, j’avais perdu connaissance.

Je me suis réveillée plusieurs jours après dans un lit d’hôpital. Ma mère était à mon chevet, mon père très inquiet. Je suis restée 4 jours supplémentaires après mon réveil et je suis rentrée à la maison. Mon père avait payé très cher la psychologue pour des séances à domicile. C’est elle qui m’apprit qu’un des garçons avait prévenu mes parents qui sont venus avec la police. On avait pu arrêter certains. Le témoignage du garçon avait permis que la police retienne mes agresseurs en attendant que je sois à mesure de les identifier.

La police avait retenu les enfants du propriétaire de la forteresse, de même que les amis de Lou. Quand les parents des uns sont revenus après négociations avec la police, ils ont été libérés par un inconnu. Et sont allés se cacher dans leur village d’origine. Pour ensuite prendre l’avion en catimini et sortir du pays. Y’ avait-il de la justice ?

Mon père était consterné par ce manque de laxisme de la police, qui avait prétexté une bavure lors de la passation de service…Les autres filles qu’étaient elles devenues ? Je n’en sais rien. Elles ne voulaient pas en parler, c’était trop la honte, elles préféraient garder le silence.
Je n’ai plus revu Fanny, je n’ai jamais su, quel rôle avait joué…Lou était venu plusieurs à l’hôpital, mais je ne voulais pas le voir. Il m’a laissé une lettre que je n’ai pas encore lue. Je ne voulais plus être là, je voulais partir. D’ailleurs je n’avais jamais voulu venir dans ce pays, le Cameroun. Pas que je n’aimais pas ce pays, mais j’étais lasse d’aller de pays en pays avec mes parents. Je voulais retourner où nous étions avant de venir ici.

A contre cœur ils m’ont laissé repartir à condition que la psychologue leur confirme que je vais bien. Peut-on aller bien même au bout de 3 mois de thérapie ? C’est une expérience d’après qu’on oublie difficilement. Elle est là, quelque part en nous, jamais trop loin, jamais trop près.

J’avais laissé un mot pour Yannick avec pour unique mot : «Merci » à Abdoul.

Ce pays, les gens étaient accueillants, mais les jeunes étaient diaboliques. Du moins ceux du quartier où j’ai passé à peine 12 mois.

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