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« Tu sais que je ne pourrais être le père de ton enfant… » Elle le savait, il le lui avait tellement répété. Elle l’aimait, cela n’avait rien à voir, mais c’était ainsi. Aussi quand elle réalisa qu’elle était enceinte, elle se garda de  lui dire qu’il était le père.

Vous l’avez peut être compris, aujourd’hui  je voudrais parler  de ces enfants  qui  grandissent sans l’ombre de leur père.  Dans nos sociétés d’aujourd’hui  c’est une situation tellement courante que devenue  banale. Les  raisons sont multiples : le père est décédé, il a fui, il est séparé de la mère, il est marié…  Situation devenue banale donc  dans nos sociétés d’aujourd’hui. Pourtant  cette absence pourrait rendre difficile l’évolution de l’enfant et même du futur adulte qu’il sera si rien n’est fait.

Le père joue un rôle capital dès le premier âge de l’enfant. Dans la relation fusionnelle qui s’installe entre la mère et l’enfant, il sert de tiers séparateur. Sa présence est nécessaire pour mener l’enfant sur le chemin de l’autonomie. « Grace au père, l’enfant va  comprendre qu’il est un individu à part entière, toute confusion entre lui  et sa mère va cesser. Le père va aussi lui permettre de s’ouvrir au monde  qui l’entoure et de s’y ancrer en toute sécurité. » Dit Juliette Mayet, psychologue lors d’une interview qui traite du sujet.

C’est vrai qu’aujourd’hui par rapport à hier, le père n’est plus forcément celui qui a le rôle  des interdits et des ordres à la maison, des mères jouent bien aussi ce rôle. Certains préfèrent même l’éducation  en douceur.  Mais une chose est sure, l’identité masculine du père va jouer un rôle  important dans le développement psychique de l’enfant et du jeune adulte qu’il sera.

L’absence d’un père dans la vie d’un enfant  a souvent des conséquences dont on est loin de mesurer l’impact sur la personnalité de celui-ci.  Sans vouloir généraliser, ces conséquences pourront varier en fonction de l’histoire de la conception  de l’enfant,  de  l’histoire du couple et surtout de la manière dont la mère  vit la situation. Plus elle aura de la peine à accepter la situation, plus cela sera difficile pour l’enfant. Il aura cette tendance à un sentiment d’insécurité. Une fois grand,  il n’aura de cesse à chercher  en lui ce père absent ou inconnu et cela va conduire à  un sentiment d’insécurité et à un trop grand besoin d’affection ; à de la peur d’abandon de la part de ses amis ou des personnes de son entourage. Bien sur, le questionnement sur ses origines ne va rien arranger.

« Je n’ai jamais connu mon père, personne ne faisait même pas allusion à lui à la maison. J’ai réussi à me faire à l’idée qu’il n’existe pas. Mon « père »  était là pour moi, j’avais son amour autant que celui de mes frères. Aussi, je ne posais pas plus de questions. J’ai connu une déception amoureuse et dans le flot des sentiments, l’absence de m’est apparu comme un spectre qui au fond  ne m’avait jamais quitté.  Je n’avais de cesse de pleurer.  Je pleurais plus l’abandon ce père que celui de ce petit ami. Un abandon de plus ! »

Seule la mère a souvent la réponse pour apaiser son enfant  dans ces cas là, malheureusement c’est souvent difficile pour elle, pour de multiples raisons qui n’appartiennent qu’à elle ; mais elle se doit au moins pour calmer les angoisses de son enfant de lui parler de manière neutre , lui dire qui est son père et la raison de son absence, dans un récit simple et cohérent.  Le rassurer. Lui raconter avec le moins de détails possible l’histoire de sa conception (même si c’est par un viol). Le récit devra se faire  progressivement en fonction de l’âge de l’enfant. Ce qu’on lui dira à 5 ans ne devra pas être la même chose à 18 ans ou même plus, car il faut être sur que l’enfant pourra entendre les faits et les digérer.  La vérité va libérer tout le monde.

L’absence d’un père n’est pas la chose qu’on souhaiterait  à un enfant, mais cela n’est pas une fatalité. La figure d’un père est certes importante, mais la bonne nouvelle est qu’elle peut être remplie par tout homme (un parent, un parrain, un professeur…) auprès duquel l’enfant se sent à l’aise et avec qui il entretient des liens profonds et sincère. Cette personne pourra être celui en qui l’enfant  trouvera une source de sécurité et de confiance. Elle comblera le vide affectif et aidera à donner des repères à l’enfant (adolescent) qui permettront à celui de grandir de se construire sa propre identité et de grandir de manière équilibré.

 

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Je  me demande si c’est le cas pour vous, mais moi avec le temps qui passe et les années qui  s’ajoutent à mon âge, je suis de plus en plus sensible à certaines (plusieurs) choses ; ce qui n’était pas le cas, il y a encore quelque temps.

Fiction ou vérité ; je ne saurai dire, toujours est il que certains  annoncent  La fin du monde pour très bientôt . Oh non faut pas croire que je cède à la panique, non vraiment rien de cela ; et puis  Claude n’a pas attendu ce délai pour vivre sa fin du monde ou la fin de sa journée.  Je me pose  juste des questions essentielles et existentielles.

J’étais à Balaatchi il y a quelques temps pour les obsèques de  Claude. Son décès m’a affecté d’une façon surprenante. Je l’ai rencontré un dimanche dans le cadre d’une association que je fréquente une fois par mois ; eh oui je me « sociabilise » ! Mardi d’après j’apprends son décès. J’étais désolée pour elle et les membres de sa famille sans plus,  les gens meurent tous les jours me suis dit.

C’est fou comment une personne pleine de vie, qui réussit à presque tout ce qu’elle touche peut passer de vie à trépas sans préavis aucun.

Je n’étais pas très proche d’elle, mais pour des raisons de sociabilité, je suis allée à son village pour son enterrement. Je n’avais pas prévu pleuré, je ne pleure pas souvent dans ces cas là, mais j’ai pleuré, j’ai eu vraiment mal au cœur à cet instant là.

Il y avait là un petit garçon d’à peine 4 ans qui pleurait et réclamait le réveil de sa mère qui dort déjà depuis quelques jours.  C’est ce petit garçon qui a déclenché autant d’émotions chez moi.

Je n’avais jamais vu un enfant aussi jeune être autant conscient de la disparition de sa mère. Et je ne comprenais pas pourquoi on laissait cet enfant être victime d’autant de traumatisme  : lui montrer à répétition la dépouille de sa mère… Coutume m’a- t-on appris !

Je me suis vue dans ce cercueil un court instant  et j’imaginais mon fils du même âge  à la place du fils de Claude. Cette vision était douloureuse pour moi !

La mort ; est l’unique chose dont on est sur qu’elle va arriver ; on ne sait pas quand, ni comment et où , mais un de ces jours sera surement le dernier ; aussi je  ne me suis jamais inquiétée pour cela. Mais aujourd’hui, je m’inquiète pour mes enfants, de ce qu’ils deviendront à mon absence.  Et là je me dis quand même que je n’aimerais pas mourir quand ils sont encore jeunes et si dépendants !

De pareilles situations me  rappellent combien la vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la vie. Mais surtout, cela me dispose davantage au service de mon prochain, parce que quand je sers mon prochain c’est aussi moi que je sers.

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