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Posts Tagged ‘avortement’

« En tant que père, je pense que le non-né est un être humain. Plus d’une fois  j’ai vu des réactions des bébés dans le ventre. C’est un crime de leur ôter  la vie lorsque la vie de la mère porteuse n’est pas en danger.  Même si le nouveau né est le fruit d’un viol, il n’a pas demandé à y être. »

C’est  bien humain de juger,  on n’y peut pas grand-chose des fois, parce qu’en plus la plupart de temps cela est fait sans qu’on s’en rende compte.  Mais le comble c’est quand autrui pense savoir mieux que soi ce qui serait bien pour nous.

Lorsqu’une fille (femme) apprend qu’elle est enceinte, cette nouvelle peut engendrer chez elle diverses émotions selon les circonstances : bonheur, tristesse, colère, déprime, dépression. C’est un choc émotionnel pour la plupart.

Après la nouvelle, il y a un choix à opérer : garder ou ne pas garder.  J’ai constaté que pour beaucoup, la question ne devrait même pas se poser, être enceinte est synonyme de garder le bébé jusqu’au terme. L’autre option, celle d’interrompre la grossesse est mal accepté, non envisageable, peu importe les raisons qu’on pourrait avancer.

Mais malheureusement pour certains, on doit aussi composer et même accepter que parfois une grossesse peut ne pas atteindre son terme ; à cause  du choix de la personne qui porte le fœtus. J’aime à dire que le choix d’un avortement même s’il semble facile pour autrui, en réalité il est le choix le plus difficile que puisse faire une fille ou une femme face à une grossesse désirée ou indésirée. Quand on n’a pas vécu cela, il est difficile de comprendre les personnes ayant fait ce choix ; même si au fond de soi on pense comprendre.

Ce choix, je disais tantôt qu’il est difficile : à 2O ans quand on choisit d’avorter pour des raisons bien motivées, à 45 ans on se retrouve parfois à pleurer d’avoir fait ce choix là. Et pourtant à ce moment là on n’avait pas un autre choix que celui là ; un choix à double douleur ! Mais c’est mon choix alors respecte le !

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Je ne l’aurais jamais imaginé, même si on me l’avait montré dans une boule de Crystal ! Aujourd’hui, je me console quand même de l’avoir gardé…D’une certaine façon..

Les amies parfois, elles mentent pour se donner de la consistance devant les copines. Et moi, histoire de ne pas être la recluse du groupe j’allais mettre en application ce qu’elles disaient faire…Trouver  un copain, c’était le moins difficile et le moment idéal c’était lors du bal des finissants des élèves du lycée que je fréquentais. Ce bal a lieu après la diffusion des résultats du Bacc et  c’était toujours une occasion d’en faire un peu plus lorsqu’on avait réussi à son examen. Aussi à la fin de la soirée, au lieu de rentrer à la maison, je me suis permise d’aller avec ce garçon. Je devais faire comme toute les copines. Je n’allais quand même pas entrer à l’université comme ça ! Personne ne voudra de moi, si mon état n’avait pas changé me martelaient-elles sans arrêt.

J’étais désemparée, je n’ai ressenti aucun plaisir, contrairement à ce qui m’avait été dit. Je n’ai pas aimé du tout. Je l’avoue, je ne savais pas ce qu’il fallait faire ou ne pas faire…L’essentiel était d’être une fille normale, une fille qui couche ! Tout était parfait !

Quelques temps après les résultats du Bacc, j’entrais à l’université, c’était super. Mes parents, malgré leurs moyens modestes avaient  pu me trouver un logement pas loin du campus universitaire. Ma chambre était bien équipée, mon père y tenait.

Peu de temps après mon installation, j’allais être si malade que je me retrouve à l’hôpital. A  mon réveil ma mère était là ;  j’étais heureuse de la voir, mais elle visiblement ce n’était pas le cas à la vue de sa mine.

–        Bonjour maman. Ai-je dis en essayant de sourire

–        Tu ne peux le garder. A-t-elle dit

Je ne comprenais pas de quoi elle parlait. Pour elle je faisais semblant de ne pas comprendre ce qui l’énerva encore plus. C’est ainsi que j’appris que j’étais enceinte. C’était la catastrophe pour moi de l’apprendre. Comment cela a-t-il pu arriver ? J’ai couché juste une fois. Rien qu’une petite fois. Les autres ont pourtant couché plus d’une fois et cela n’est jamais arriver ! Je me sentais maudite. Ma mère m’a dressé toute une liste des malheurs qui m’arrivera si je devais mener à terme cette grossesse. Elle m’a tant effrayé que je m’accordai avec elle pour ne pas garder cet enfant. Elle me fit promettre  de n’en parler  à personne, même pas à mon père. Il serait capable de me tuer.

Elle devait revenir dans 3 semaines me chercher pour qu’on aille se débarrasser de ce fœtus ! Entre temps j’étais tellement traumatisée par ce qui m’arrivait. Ma mine trahissait mes émotions… Malgré toutes les questions autour de moi, j’ai décidé de garder le silence ; même à mes copines je n’ai rien dit.

La décision de ma mère me faisait peur… Aussi j’ai entrepris de me documenter sur la question. C’est troublant ce qu’on peut apprendre des choses quand on se décide à lire ! Moi qui étais une bonne élève, je ne savais pas qu’il fallait systématiquement se protéger quand on décide d’avoir des rapports sexuels. J’ai appris que les filles de 15 ans n’ont pas nécessairement de rapports sexuels et celles qui en avaient étaient une exception et non pas une règle comme je le pensais. Qu’il faut être prête avant d’entamer sa vie sexuelle. Qu’en plus d’être enceinte, on peut attraper une MST ou une IST qui pourrait conduire à la mort. J’ai lu des choses sur l’avortement, j’ai vu des images atroces, j’ai appris qu’on pouvait perdre sa vie suite à cette intervention… Si j’avais su toutes ces choses…

L’échéance se rapprochait et mon inquiétude s’accentuait. Je commençais sérieusement à avoir un doute quant à ce qu’il fallait faire : garder ou ne pas garder. Garder signifiait pour moi : être humiliée et exposer mon erreur devant tous. Mettre un terme à ma vie d’adolescente qui était à peine entamée, être fille mère, les études que j’avais entamées, resteront surement en plan…Ne pas garder signifiait qu’il fallait prendre le risque avec toute les conséquences… mais avec la chance de continuer ma vie tranquillement.

J’étais hantée toutes les nuits par des pensées macabres. Et puis une nuit, une de plus où mon sommeil était coupé par des cauchemards; . j’ai pleuré à Dieu, je lui ai dit : « Seigneur si tu existes vraiment, j’ai besoin de toi, aide moi ». J’ai tellement pleuré, mais aucune réponse ne vint. Il n’y avait que le silence et mes larmes pour briser le calme plat de la nuit. Je me suis dit que c’était vraiment trop bête de ma part de penser que Dieu pouvait parler à une pécheresse comme moi. Finalement, lasse,  au petit matin, somnolente, j’ai entendu une voix : « Garde le ; il te sauvera  ». Elle était si douce. J’ai pensé que c’était ma mère  qui avait changé d’avis, mais quand je me suis réveillée j’étais seule dans ma chambre…Et pour une fois depuis le début de ma mésaventure, j’étais apaisée !

Ma mère n’en revenait que je puisse changer d’avis. Elle est venue me chercher comme convenue. Or pour moi, il n’était plus question d’envisager un avortement, j’avais bien trop peur de mourir prématurément ! Elle est partie, mais c’était pour revenir avec mon père. Je ne l’avais jamais vu dans une pareille colère. Pour lui, il n’était pas question que je reste sur le campus universitaire poursuivre mes études en étant enceinte. Je devais absolument rentrer à la maison et attendre l’accouchement. J’ai refusé de rentrer, je voulais rester autant que je pourrais pour suivre mes cours. J’ai vu ici des étudiantes enceintes certes mes ainées aller en cours; pourquoi pas moi ?  Pour m’obliger à rentrer, mon père a vidé ma chambre de tout ce qu’elle possédait. Je suis restée !

J’ai connu des moments difficiles : j’ai dormi à même le sol, j’ai connu des jours de famine, j’ai subi le regard condescendant des autres, malgré la présence du bébé je me sentais si seule. J’ai connu le doute, j’ai pleuré, j’ai eu peur,… Mais le plus difficile  après comparaison, c’est pour aujourd’hui.

J’ai accouché sous un nom d’emprunt et j’ai donné en garde l’enfant à un couple dont j’ignore l’identité qui avait désespérément besoin d’un bébé dans leur vie. Ils étaient heureux.

Aujourd’hui, j’ai 3O ans, je suis mariée;  j’ai deux  magnifiques gamins; seulement au fond de mon cœur, j’ai cette sensation d’inachevé, de manque. Il m’est difficile de ne pas me retourner quand je marche dans la rue, sur une fillette. Quand  je passe aux abords des parcs je regarde des enfants en espérant reconnaitre le mien, mais il n’en est rien. Et pourtant j’entends désespérément la voix d’une petite fille qui pleure, qui me réclame…

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