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Posts Tagged ‘Hommage’

Trop beau pour durer. . . Oui la vie est parfois trop belle pour durer ou encore les belles choses ne durent pas ; c’est le sentiment qui me vient à l’esprit parfois, souvent quand je pense. Quand je pense à elle.

Avez-vous remarqué que lorsqu’un enfant vient au monde, il est le seul à pleurer pendant que son entourage lui est en joie… Et le jour où cet enfant décède ; dans son linceul tout blanc, le visage paisible presque souriant ; son entourage lui est en détresse.

La vie a ce quelque chose que je n’arrive parfois pas à décrire ; les mots restent coincés dans mon cœur, dans mon âme, et rien ne vient. J’aime à dire qu’elle est don. Il faut en profiter tant qu’on peut. Le temps, le temps, le temps, une jolie notion qu’on aime à dire qu’on n’a pas sans en mesurer la plupart du temps la portée. Et malheureusement ou heureusement, il suit son chemin et n’attend personne, même pas lui.

Mon boulot, je l’adore. Il correspond à ce que j’aime faire, à ce que je suis. Grâce à lui, je voyage beaucoup et rencontre des personnes, de diverses horizons et de classes différentes.

Lors d’un des voyages, au pays des Hommes Intègres, le Burkina Faso, j’y ai rencontré une personne qui a en quelque sorte changé ma vie ; elle y a apporté du soleil et des étoiles…

Je suis interprète avec une formation de journalisme : je parle des langues internationales et même maternelles et en cette qualité, je travaille beaucoup avec des ONG. Celles ci organisent des formations, des séminaires sur différents thèmes en fonction du but visé et de la population cible dont je suis parfois l’un des panelistes.

Kadi, un bon bout de femme qui n’aurait jamais attiré mon attention plus que cela. Figurez-vous que je rencontre un nombre incalculable de femmes à chaque voyage, à chaque séminaire ; des plus belles au moins jolies. Des plus diplômées ou moins lettrées. Des aguicheuses aux prudes. J’en ai rencontré, aussi les simagrées je les connaissais, presque toutes des femmes. Il y avait lors de ce séminaire de seulement 4 jours à Tanghin-Dassouri une ville de la province de Kadiogo, ce bout de femme, qui dans un français impeccable posait des questions étonnamment profondes et pertinentes. J’apprécie bien des personnes qui parlent spontanément et avec soin. Qui savent donner un sens aux mots. Elle était à fond dans le séminaire. Ses questions étaient pertinentes les unes après les autres. Ses remarques faisaient mouche à chaque fois. Elle en voulait tellement plus de nos échanges lors du séminaire que nous nous sommes retrouvés pour approfondir certains sujets. Il n’est pas fréquent que des gens m’impressionnent autant, surtout en si peu de temps. J’étais ébahi par Kadi, elle m’entrainait dans un tourbillon en disant des choses simples. Elle était vive d’esprit. Nous avons passé un moment inoubliable… Et il a fallu rentrer, bien sur on a gardé un contact !

En peu de temps, elle m’a inspiré des choses, j’ai commencé à écrire sur mes voyages, à écrire sur mon boulot dans le but de partager mes expériences… Le pseudo que j’ai choisi pour signer mes piges était Kadi. Signer avec ce nom, me liait à elle d’une certaine façon. Aussi, je suis retourné la voir, dans son pays, dans sa petite ville, presqu’un village. Nous avons passé des moments mémorables.

C’était bien la première fois que j’avais une relation si proche et profonde avec une femme. Nous avons passé des instants forts intimes, des nuits à bavarder, à rire, à se découvrir dans la seule chambre de son minuscule « appartement ».

J’ai découvert que cette femme qui m’inspirait sur bien de choses n’avait aucun diplôme. Pour des raisons financières, elle a dû arrêter l’école plus tôt. Seulement, elle lisait beaucoup, elle dévorait avec la plus grande passion la moindre connaissance qui était à sa portée. Elle était pauvre, mais digne. C’est fou, mais cette femme représentait plus ou moins mon idéal féminin.

Avec elle, j’ai appris à développer une relation intime avec l’autre sexe sans que ça ne finisse au lit. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, nous ne couchions pas ensemble, ce n’est pas arrivé, pourtant ce ne sont pas les occasions qui ont manqué. Je me sentais tellement proche d’elle que je ne voulais pas que le sexe change la donne de la relation qu’on construisait. Elle était comme une sœur, une amie, une confidente, un trésor unique dans ma vie.

Pour être encore plus proche, mais surtout pour la sortir de façon définitive de la vie précaire qu’elle menait, il était question de mettre sur pieds un business plan qu’elle conduira. Qu’est ce qu’on a refait le monde ce soir quand elle aussi à son tour est venue découvrir mon espace de vie … C’était différent du sien, c’était bien.

Mon boulot, m’accaparait bien assez souvent et je me retrouvais parfois dans des pays où les moyens de communication était presqu’impossible. Aussi, malgré moi je pouvais garder le silence pendant de longs moments. A peine j’étais revenu, que je repartais.

Un week end où j’avais un peu de temps, j’ai fait le ménage chez moi et comme par instinct je suis allé à ma boite aux lettres et devinez quoi ? Il y avait une enveloppe kaki. J’avoue que j’étais surpris. Qui pouvait bien m’écrire par la poste de nos jours ? Cette personne ne devait pas être bien pressée que je la reçoive sa lettre, vu le pays d’où elle vient : Burkina Faso. La lettre était de Kadi, il n’y avait qu’elle pour être aussi surprenante. Cette lettre me rappelait qu’il y a déjà un bon moment que je n’avais pas vu ma muse, et qu’il était temps que je lui rende une visite surprise. Dans mon bagage, s’y trouvait enfin le business plan détaillé et fin prêt.

Ce petit logis, un peu à l’écart de la ville m’apparaissait soudainement lugubre, c’est en vain que j’ai cogné à la porte de kadi sans réponse. Ma surprise risquait de ne plus en être une car je me suis vu obliger de l’appeler à son portable. Et là une voix m’annonçe de façon laconique que l’abonnée que j’essaie de joindre n’est pas disponible pour le moment. Hum… C’est bien embêtant tout cela ! Qu’à cela ne tienne, je reviendrai demain en matinée. J’ai passé la nuit dans un motel sobre et le lendemain, je suis à nouveau retourné chez elle. Il n’y avait toujours personne ; les voisins étaient incapables de me renseigner, mais ne se gênaient pas à me regarder avec des yeux tout ronds.

Elle m’avait parlé de son nouveau et énième petit boulot ; avec des vagues souvenirs j’ai pu retrouver l’adresse. Quand j’ai prononcé son nom, le tintamarre des machines à coudre ont cessé toutes au même moment et des paires d’yeux étaient braquées sur moi. Je crois bien qu’à cet instant j’ai eu des frissons au dos. Insidieusement mon cœur à commencer à s’affoler sans que je ne sache pourquoi. Le responsable de cet atelier de couture s’est avancé vers moi. Il m’a posé des questions. Il voulait savoir qui j’étais et ce que je voulais à Kadi. Je me suis présenté et là, d’une voix détachée et lente, il m’annonce qu’il y a déjà trois mois qu’elle est décédée.

Une crise de paludisme avait emporté ma Kadi sans que je ne le sache. En une semaine c’était la fin pour elle. Je n’arrivais pas à y croire, je refusais de visualiser cette possibilité. Je me disais qu’à tout moment elle apparaitra avec son sourire légendaire. C’était une farce, un poisson d’avril, oui seule Kadi était capable de me faire ce genre coup… Néanmoins, mes pieds m’ont porté vers un maquis où nous avions déjeuné plus d’une fois lors de mes séjours là. La nouvelle fut confirmée.

Ma meilleure amie était décédée faute de pouvoir se soigner correctement avec les moyens adéquats. J’ai perdu le sommeil pendant plus deux semaines. Je suis allé à sa modeste pierre tombale, il n’y avait pas d’épitaphe. Pourquoi ? Est ce les mots qui manquaient ? L’argent pouvait manquer, mais pas les mots ! Elle, qui était tellement exceptionnelle… Les souvenirs de nos derniers moments ont envahi mes pensées : sa voix me hantait, elle chantait si bien, une voix d’ange. Je ne saurais vous décrire son déhanché quand elle dansait, elle savait se mouvoir. Je me souviens de ses éclats de rire à mes blagues sur la pirogue qui nous emmenait faire un tour dans la rivière de la Mefou, après qu’on ait fait un tour au zoo du coin… Des moments simples, magiques, inoubliables. Elle était heureuse, je l’étais aussi.

Je suis troublé. C’est une grosse perte dans ma vie, son décès. Elle était le remède de mes folies.

C’était une fille gaie et sa pierre tombale devait refléter un tout petit peu ce qu’elle était. Je suis retourné en ville et j’ai passé un contrat sur un an avec un fleuriste qui devait chaque semaine y déposer des fleurs. J’aurais voulu des roses rose et blanche sur sa tombe. Ce sont ses préférées, mais difficile d’en trouver ici… des hibiscus feront l’affaire. Il n’y avait pas d’épitaphe, j’en ai fait un et le message est : « Le bonheur qu’on a d’aimer est aussi celui d’être aimée »

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Atteindre le sommet de la fameuse pyramide ou échelle des besoins de Maslow est sans aucun doute le souhait de tout individu qui pense sa vie. Et ma foi c’est la situation idéale pour chacun. Seulement quand j’y regarde à deux fois je ne souhaite pas aller à plus de la moitié de cette pyramide. Si arriver au sommet apporte le prestige visible et reconnu de tous, il y a bien trop de sacrifices à faire également.

Cette dame, si elle a fait le parcours de la pyramide d’elle-même, elle atteindra le sommet par « l’alliance ». Voilà presque 18 ans qu’elle est morte. Dans certaines mémoires elle est effacée, ses œuvres sont aux oubliettes et pleins de poussières. Difficile d’y faire le ménage au risque d’attraper un rhume irréversible de cerveau. Si elle avait au moins un enfant peut être les choses seraient différentes ?…En Afrique une femme sans enfant, sa place ne peut que être aux oubliettes après sa disparition. De même que la femme n’hérite pas de son mari, mais grâce aux fruits de ses entrailles elle pourra au moins être usufruitière. Même si on a été une « maman », sans perdre les eaux, ça ne compte pas. Il faut porter soi même et pousser les cris de douleurs liés à l’accouchement. Il faut passer sur le grill et surtout les conserver vivants ses enfants, autrement on n’est pas trop différente de celle qui n’en a pas eu du tout. Ce sont nos traditions et on les respecte. L’homme n’est jamais officiellement montré du doigt dans cette situation, le seul coupable c’est la femme.

Elle n’a jamais eu d’enfant de son sein donc, mais elle a été maman. Moi je l’appelle maman. Elle avait un cœur aussi grand que celui de maman. Elle était maternelle. Je me souviens que leur maison était sur mon chemin de retour du Lycée. Non loin de là, il y avait une bonne fontaine où l’on pouvait se désaltérer. De sa belle maison, elle n’hésitait pas à nous inviter à venir prendre des bananes ou même un sandwich pour la route. Elle avait laissé des consignes à ses maitres d’Hôtel de nous servir même en son absence. Une belle dame, au grand cœur. Elle avait toujours un sourire pour nous, pour tous. Elle était gaie, une telle joie de vivre, que désormais j’empruntais toujours ce chemin là pour le retour des classes, juste pour voir son joli sourire; et entendre si la chance était avec nous sa douce voix au son bien audible et qui en même temps ressemblait à un murmure… Et puis un jour en passant par là, Elle n’était plus là…Il y avait des nouveaux propriétaires. Elle avait aménagé dans une maison plus grande encore, plus jolie, mais très inaccessible…

Destin ou hasard de vie ? Je ne saurais dire, mais 15 ans plus tard je travaillais dans une entreprise de la place et dans le cadre de mes activités professionnelles, j’étais amené à aller chez eux pour soit pour la profession soit comme commissionnaire : laisser des plis et ou courriers pour elle ou pour son mari.

Je fus amené chez eux. Quelle impressionnante et imposante maison…On me fit asseoir. J’étais heureux à l’idée de la revoir : cette belle dame. Je ne la voyais que désormais au travers des images « télés » et suivait les bribes de sa vie dans des journaux. Elle entra enfin dans la pièce, son sourire n’avait pas changé, peut être moins joviale, elle avait pris quelques rides, elle était toujours aussi belle, dans son regard, je pouvais y lire un brin de tristesse. Elle ne me reconnut pas. Je ne pouvais pas relever. On échangea très peu de mots : « bonjour maman, j’ai ceci à vous remettre », ce à quoi elle dit merci. Elle prit l’enveloppe, disparut un moment par l’une des nombreuses portes et réapparut et me tendit une enveloppe en disant : « c’est pour ton taxi ». Elle n’avait vraiment pas changé sur le fond, toujours aussi généreuse, toujours aussi discrète.

J’appris sa mort, à l’aurore du mois d’aout; en plein saison pluvieuse. Elle serait morte de suite de courte ou longue maladie d’après les médias. Une bonne partie du pays qui était plongée dans la tristesse. Je ne pouvais pas imaginer etre autant affecté par la disparition soudaine de cette belle et généreuse bienfaitrice de l’ombre…Cette femme discrète, mais aussi autoritaire. Je n’oublierai jamais ce jour, parce qu’elle est décédée le même jour qu’une autre grande personnalité culturelle, religieuse, ethnique: le Sultan Bamoun. Je garde très jalousement l’unique magazine qui en a parlé un peu plus de ces évènements.

De son vivant elle était très connue. Au fil du temps, elle s’est estompée de nos mémoires. Il n’y a aucune trace de son identité. Un peu comme si elle n’a jamais existé. Il en est de même de ses œuvres. Elle ne manque à personne, ou alors à très peu. Il n’y a que les dirigeants d’orphelinats et les orphelins qui ressentent bien sa disparition trop précoce pour certains.

Quand je vais sur Google images et que je tape son nom, il n’y presque pas d’images d’elle, sinon une où elle est à peine visible …Mais ainsi va la vie, d’ailleurs ce n’est pas bien grave, elle était assez discrète ou alors a dû l’être au fil du temps et ça lui allait bien comme un gant. Les choses rares ont aussi la particulière d’être « onéreuses » en anglais on dit « scarce ». C’est ce qu’elle est pour moi : Un diamant. Bonne route maman, à bientôt maman Jeanne Irène.

Un lien intéressant parlant de la Feue Jeanne Irène Biya dans l’oubli

JEANNE IRENE B.

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Une dame Blanche à la peau noire.

Je me demande comment est ce que je vais parler de « ça » En une nouvelle ? Une poésie ? Une lettre posthume pour rendre hommage à cette dame, à ce qu’elle fut et fit

Peut être de son côté maternel ? D’épouse ? First Lady ?…Je ne sais pas, je verrai.

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